L'ouvrage a pour point de départ une question adressée à des actrices et acteurs contemporains : comment faire présence sur les scènes actuelles ? Pas de mode d'emploi au programme mais une traversée, en trois temps (Cahiers, Outils, Empreintes), d'expériences de plateau qui engagent à mettre en suspens les présupposés théoriques d'une présence pensée comme innée ou évanescente pour découvrir des fabriques singulières de pratiques scéniques européennes, canadiennes et brésiliennes.
Longtemps éclipsée par les propos dominants, de metteurs en scène et les théories du jeu qu'ils ont officialisées, cette histoire semble aujourd'hui s'ébaucher : la publication de journaux de répétitions (V. Dréville, D. Reymond, D. Podalydès) et d'ouvrages d'acteurices (N. Bouchaud, M. Citti), des entretiens croisés entre acteurices ou avec des philosophes (E. Didi et G. Didi-Huberman, Le Théâtre Horsje), témoignent chez elles et eux d'une véritable « tentation du théorique », ou plutôt d'une réflexivité pré-théorique appelant l'interlocution comme l'expérimentation et invitant au décloisonnement des pratiques de recherche et de création. Cet ouvrage prolonge et élargit une telle logique en rassemblant en un geste des expériences de plateau dans leur dimension empirique et heuristique. Il ne s'agira pas de réduire ou de gommer ce qui distingue ces pratiques en cherchant à formuler, au terme de cette recherche, un discours synthétique et univoque. Bien au contraire, c'est ici la multiplicité même des expériences relatées qui fera question et donnera sens à l'ouvrage.