Mohamed Bourouissa transforme une histoire familiale intime en une réflexion plus large sur la mémoire, la migration et la condition postcoloniale.
Mohamed Bourouissa. Pour Noubia couvre un vaste arc géographique et géopolitique autour de lieux qui revêtent une importance biographique pour l'artiste : de la dernière demeure de sa tante Noubia à Osnabrück, en Allemagne, en passant par la banlieue parisienne, où il vit aujourd'hui, jusqu'à la ville natale de sa famille à Blida, en Algérie.
S'inspirant du format de l'album photo, cet ouvrage redonne vie à cette histoire aux multiples facettes. Il rassemble des images en grande partie inédites et des textes nouvellement commandés qui situent à la fois la vie de Noubia et la pratique de Bourouissa dans des contextes historiques et sociaux plus larges.
Le projet prend son point de départ dans les albums photos de la tante de Bourouissa, Noubia Meyer, dont les images et les enregistrements vocaux – rassemblés avant son décès en 2022 – constituent le cœur de ce nouveau corpus d'œuvres profondément personnel. Lorsque, en 2025, la commissaire Oriane Durand a invité Mohamed Bourouissa, au nom de Marta Herford, à concevoir une grande exposition solo, l'intégration de l'histoire de sa tante dans cette commande est devenue pour lui une étape importante – Osnabrück étant très proche de Herford. Développé plus avant lors d'une deuxième édition au Migros Museum für Gegenwartskunst de Zurich (juin 2026), le projet transforme une histoire familiale intime en une réflexion plus large sur la mémoire, la migration et la condition postcoloniale.
Mohamed Bourouissa (né en 1978 à Blida, Algérie, vit et
travaille à Paris) a étudié la photographie à l'École nationale supérieure
des arts décoratifs (Ensad) et a obtenu en 2007 le prix Voies Off à Arles
pour sa série « Périphériques ».
Son travail a été présenté depuis lors au sein de nombreuses expositions
personnelles et collectives en France comme à l'étranger : au Centre
Pompidou (Festival Hors Pistes 2013), au Musée d'art moderne de la Ville de
Paris, au Palais de Tokyo, au Palazzo Grassi – François Pinault Foundation
à Venise, à AGO à Toronto, à la Saatchi Gallery de Londres, à la Dublin
Gallery of Photography, au Museum of Modern Art d'Istanbul, au Beirut
Exhibition Center, au Thessaloniki Museum of Photography, au MAXXI à
Rome, au New Museum of contemporary art à New York, au Philadelphia
Museum of Art, au SCAD d'Atlanta, au Finnish Museum of Photography
d'Helsinki, au Fotomuseum à Rotterdam, à la Nikolaj Kunsthal de
Copenhague, au KW Institute for Contemporary Art de Berlin ainsi que
dans le cadre de la Biennale de Berlin et de la 54e Biennale de Venise.